L'amour sous la mitraille


Au Théâtre du Cyclope, les 4, 5, 7, 9, 11 et 12 octobre 2002.

Le théâtre AMOK

présente

L'amour sous la mitraille, 3 farces du XVème siècle.

"A chaque fois que nous rencontrons la comédie du couple :
duperie, tromperie, guerre des sexes.
Ce grossement des rapports humains, violent, hystérique, vulgaire et indécent est un combat de coq.
L'amour sous la mitraille.
La verve comique est cette danse étrange et fascinante."

Mise en scène de Ronan Cheviller.
Avec Ronan Cheviller, Jean-Marie Lorvellec et Béatrice Templé
Création musicale de Cyril Lanoé et Anthony Taillard.

Trois personnages seuls
Lisent le journal
Trois fois comme un cauchemar
L'espace se transforme en ring
Et la farce intervient
Conflit comique
Enchaînements absurdes
Au rythme étrange du rêve.

L'obstination des femmes :
C'est le prototype de la scène de ménage. Rifflart, grande gueule et bonne pâte, contre Finette verbe haut et tête dure. Le match tiendra ce qu'il promet. Le prétexte en semble futile : une cage à oiseaux à laquelle il faut trouver un locataire. Le mari en tient pour une pie et la femme ne jure que par un coucou. Qu'elle importance dira-t-on... Pas si sûr : au XVIIè siècle, le même mot coucou désigne le "cocu" ; quant à la pie, c'est le symbole traditionnel du caquetage féminin ; et chacun dans le public d'alors comprend bien que Rifflart veut encager sa femme et Finette tenir sous sa coupe son lourdaud de cocu. Choc frontal de deux entêtements qui engendre forcément des étincelles...

Le Cuvier :
Rifflart et Jacquinot sont de la même confrérie : celle des maris qui regimbent dans leurs soliloques, mais baissent le ton dès que l'épouse approche. Ainsi, Jacquinot cesse de filer doux coincé entre deux terrifiantes mégères : la belle-mère, mielleusement caustique, prêche la soumission ; l'épouse, brutale et rogue, aboie ses ordres. Et le pauvre Jacquinot, courbé sur son papier comme un cancre apeuré, prend sous la dictée l'interminable liste des obligations ménagères comme autant de clauses de sa réddition sans condition. La moindre objection entraînant les menaces et bien vite les giffles. Puisqu'on le traite comme un sale gosse, Jacquinot va répliquer par une blague d'écolier sournois.

Le Chaudronnier :
Ici, les deux crient aussi fort et tapent aussi dru l'un que l'autre. Le couple en vient aux coups, la femme est si peu en reste qu'après une rude empoignade, l'homme doit se résoudre à demander grâce. La scène de ménage se mue en pari du silence où chacun des deux époux gage qu'il taira plus longtemps que l'autre. Finie la bagarre et les éclats de voix : corps figés et bouches closes, ils se guettent du coin de l'oeil en attendant que l'autre craque. L'arrivée du Chaudronnier va donner tout le piment à la situation : ses offres de services ne suscitant pas le moindre écho, le Chaudronnier va mettre un point d'honneur à les dérider...

 

La presse en parle :

Ouest-France, édition Nantes, 30/9/2002.

(...) Provocateur, certes, mais révélateur. La toute jeune troupe de théâtre a cherché à mettre en scène la violence dans le couple et sa façon d'être exprimée à travers trois farces issues du répertoire du Moyen-Age.
(...) Pendant trois fois vingt minutes, "l'amour sous la mitraille" s'ouvre à trois querelles de couples. La violence y est omniprésente, dans les attitudes. "Il y a un énorme travail de rapport à l'espace car chacun des protagonistes veut montrer sa force et la mesurer à celle de l'autre. La domination est l'enjeu", explique Ronan Cheviller. Les dialogues sont subversifs. Non policés, ils sont violents. "Ce sont des caricatures, présise Béatrice Templé. Nous montrons des personnes monstrueuses, pleines de défauts, commettant des erreurs. Elles sont inquiétantes et amusantes à la fois. C'est le double tranchant de la farce : Les gens vont rire, mais ils auront une réflexion sur la violence et le rapport domination dans le couple aussi."
(...) Pour chaque farce, le décor est sobre. Les comédiens apparaissent et disparaissent dans le noir. A la fin, le "perdant" se retrouve seul en scène. "C'est comme s'il se réveillait d'un cauchemar : chaque farce en est un, ajoute Béatrice Templé. Nous cherchons surtout à apporter une nouvelle réflexion sur la question de l'amour, qui a déjà été examinée en long, en large et en travers. Le résultat est à la fois comique, tragique et étrange."

 

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